Le ministère de l’Intérieur a publié le 6 octobre son bulletin mensuel sur la délinquance enregistrée, l’Interstats Conjoncture n°133. Pour les cambriolages de logements, le mois de septembre marque une pause : les chiffres sont quasi stables, après un été agité. Ce qu’il faut en retenir quand on habite un quartier dense comme le 17e arrondissement, et pourquoi ce n’est pas le moment de relâcher la vigilance.
- 17 782 cambriolages de logements en septembre 2026, quasi stable sur un mois (-0,2 %).
- Juillet avait marqué un pic : +7,1 % sur un an.
- Sur juillet-septembre, les cambriolages reculent de 2 % sur le trimestre.
- La Toussaint et les nuits plus longues rouvrent une période à risque.
Les points :
Des cambriolages quasi stables en septembre #
Selon les données du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) détaillées par DegroupTest, 17 782 cambriolages de logements ont été enregistrés en septembre 2026, soit une évolution de -0,2 % par rapport à août, en données corrigées des variations saisonnières. Une quasi-stabilité, donc, qui tranche avec le rebond observé en plein été.
Car juillet avait été nettement plus chargé : 18 665 cambriolages en données brutes, soit 1 246 faits de plus qu’en juillet 2025 et une hausse de 7,1 % sur un an. Sur l’ensemble du trimestre juillet-septembre, en revanche, le nombre de cambriolages recule de 2 % par rapport aux trois mois précédents. Les deux lectures ne se contredisent pas : l’une compare un mois à son équivalent de l’année passée, l’autre lisse l’évolution sur le trimestre.
Ce que dit le bulletin au-delà des cambriolages
Le tableau d’ensemble de septembre est moins rassurant. Comme le relève Le Pandore et la Gendarmerie, qui a épluché le bulletin, les vols violents sans arme signent la plus forte progression du mois, avec +8 % par rapport à août. Les violences physiques hors cadre familial augmentent de 7 %, les vols avec armes reculent de 3 %. Sur le trimestre, les vols d’accessoires sur véhicules baissent de 9 % et les vols dans les véhicules de 4 %.
Une limite reste à garder en tête : ces statistiques décrivent les faits portés à la connaissance de la police et de la gendarmerie, pas l’ensemble des faits réellement commis. Beaucoup de tentatives de cambriolage, notamment, ne font jamais l’objet d’une plainte. Le bulletin complet est diffusé par le SSMSI sur son espace Interstats.
Pourquoi la fin octobre reste une période sensible #
La stabilité de septembre ne doit pas faire oublier le calendrier. L’automne combine trois facteurs qui facilitent le travail des cambrioleurs : la nuit tombe plus tôt, les absences se multiplient avec les vacances de la Toussaint, et un logement éteint dès 19 heures se repère au premier coup d’œil depuis la rue.
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À Paris, la configuration des immeubles haussmanniens du 17e ajoute ses propres points faibles : portes palières anciennes équipées d’une serrure monopoint d’origine, caves et portes de service souvent négligées, et un flux permanent de passage dans les parties communes qui banalise la présence d’inconnus.
Les vérifications utiles avant les congés
Le premier réflexe consiste à évaluer honnêtement sa porte d’entrée. Une serrure monopoint posée il y a vingt ans offre peu de résistance à un outil de levier. Une serrure multipoints certifiée, elle, allonge considérablement le temps d’effraction, et c’est précisément ce temps qui décourage : un cambrioleur qui ne rentre pas vite renonce.
Le second point de contrôle, ce sont les accès secondaires. Dans les immeubles anciens, la porte de cave ou la fenêtre sur cour protégée par un simple loquet offrent un chemin discret vers les étages. Enfin, simuler une présence reste efficace : un éclairage programmé, un voisin qui relève le courrier et des volets manœuvrés régulièrement suffisent à brouiller les repères d’un repéreur.
Que faire si la serrure a été forcée #
Après une effraction ou une tentative, l’ordre des démarches compte. On ne touche à rien avant le passage des forces de l’ordre, on dépose plainte, puis on déclare le sinistre à son assurance habitation, photos à l’appui. Le remplacement de la serrure intervient ensuite, idéalement par un modèle d’un niveau de sécurité supérieur à celui qui a cédé.
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C’est aussi le moment où il faut se méfier des dépanneurs opportunistes : un professionnel sérieux fournit un devis écrit avant toute intervention, détaille le prix des fournitures et de la main-d’œuvre, et n’impose jamais le remplacement complet d’un bloc-porte quand un cylindre suffit.
Ce qu’il faut retenir #
Les chiffres de septembre offrent un répit statistique, pas une garantie. Avec un été marqué par un pic en juillet et une saison sombre qui commence, la période qui s’ouvre reste celle où les logements vides sont les plus exposés. Vérifier sa porte, sécuriser les accès secondaires et organiser une présence visible pendant les absences restent les trois gestes les plus rentables — bien avant tout gadget connecté.



